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photo de Hélène Rioux
Pleure la mort d’un enfant,
craint la mort d’une maman,
enfant ou adulte, l’orphelin
creuse son trou du chagrin.
Les enfants de la guerre
sans mère ni père,
orphelins de l’espoir,
le cœur brisé, pleurent au noir.
Orphelines de la liberté,
femmes muettes afghanisées,
pince sans rire sous le voile,
cage à homards cinq étoiles.
Orphelins de l’attirance, d’un choix,
les castes imposées comme une loi!
les intouchables ou, intouchables trop belles,
de jeunes humains rêvent d’elles.
Orphelins d’une maison,
avalés par les tentes en toutes saisons,
trop chaudes, trop froides, trop minces,
à l’abri du confort, l’intimité grince.
Orphelins de la faim
espèrent une croute de pain,
des ventres se nouent, se serrent,
les enfants de l’os nu digèrent.
Orphelins de pays, forêts et rivières,
leurs coutumes en échange des missionnaires,
la langue oubliée, charcutée de force,
ils ont percé ton canot d’écorce.
Les orphelins de l’amitié, de l’amour,
leur scaphandre est lourd,
la nuit les écoute en silence,
une burka de solitude et de souffrance.
Malgré tous ces orphelins
le rire des enfants trouve le chemin.
Il y aura toujours une fissure
où la lumière traverse le mur.
François Pronovost
Juillet 2025