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De feu et de glace

De feu et de glace

notre maison a perdu la face,

de glace et de feu

elle a perdu la trace.

 

Je vous raconte son histoire

qui rôde dans ma mémoire,

ni le feu ni la glace

en a pris la place.

 

Du bonheur un peu partout,

les planches et leurs craques

témoignent de nos frasques.

Pour être heureux, il faut être fou!

 

Des planchers de frêne

issus de mon frêne

sous lequel je m’assoyais.

Ses icônes vertes qui luisaient

 

abattues par le vent,

récoltées par son amant!

Je l’aimais comme un ami!

J’étais roi en sa patrie!

 

Une cathédrale de lumière

de vitraux, de chants et d’air

souillée sans respect!

Pardon mon amie, j’ai regret!

 

Cage thoracique, aux côtes de pin rouge,

pour être sûr que rien ne bouge,

accrochées à la poutre centrale,

la vraie colonne vertébrale.

 

Du chêne récupéré pour la salle de bain,

bois mal aimé, de troisième main !

Je l’ai câliné, retourné et trafiqué ses lèvres

pour que l’accouplement s’achève.


Les déjeuners sans fin sur l’autel

de frêne serti de pierres très belles!

Les berceuses où nos os se reposent,

Sirotant un café et un livre dans sa prose.

 

Le soleil de l’est de ses longs doigts

visite le matin de nos intérieurs.

Lumière de l’ouest caressant son avant-toit,

refermant son gant à la noirceur!

 

Le jardin à thé et ses croyances!

Gazebo meublé de souvenances,

charmé par le chant du huard,

et les parades des canards.

 

Des murs racés où se frôlent les épaules,

de pin rouge, blanc, rose saumon,

du vieux pin gris, ridé de noir, blond,

peuplier baumier souple comme le saule.

 

Des armoires d’antan au bois noueux,

de pierres incrustées dans les creux,

comptoir vivant, d’amour véritable,

bâti de bois en cœur d’érable.

 

Un dosseret en cerisier

qui sa vie m’a donnée,

migrant de Pennsylvanie,

au Québec a grandi.

 

Du feu et de la glace,

émerge un silence austère.

Les forces de la vie errent.

Des cendres, un paradis refera surface!   


François Pronovost, 9 avril 2026

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